01

Introduction et contexte

Les membres du personnel enseignant et scolaire ne devraient pas être confrontés à de la violence et de l’agressivité sur leur lieu de travail. Toutes et tous les membres de la communauté scolaire méritent de travailler à l’abri de la violence et de ses conséquences. Notre objectif commun est de prévenir la violence à l’école sous toutes ses formes et dans tous les contextes.

La FEO reconnaît que la violence à l’école est un enjeu de sécurité au travail pour les membres du personnel enseignant et du milieu éducatif. Ces personnes ont le droit de travailler dans des écoles sûres et sécuritaires et on ne peut s’attendre à ce qu’elles soient en mesure de compenser l’insuffisance de soutien et de ressources dans les écoles.

« Confiez aux enfants une tâche précise, rendez-les responsables de quelque chose dans la classe : lorsqu’elles et ils se sentent responsables, elles et ils se sentent redevables envers les autres. »

Les membres du personnel enseignant qui sont profondément frustrés par la violence à l’école – entre élèves et de la part des élèves – prennent parfois la décision difficile de quitter la profession, temporairement ou définitivement. Les personnes qui restent à leur poste risquent d’être démoralisées par la légèreté, voire l’absence totale, des conséquences en cas de manquement au code de conduite. Il n’est pas rare que les membres du personnel enseignant se sentent peu soutenus lorsqu’elles et ils sont la cible ou témoins de violence, ou découragés par la répétition des mêmes comportements violents ou des incidents quotidiens. Elles et ils ne savent pas trop qui va traiter de la question de la violence ni de l’érosion générale du respect envers le personnel enseignant et les écoles.

L’alinéa 264(1)(e) de la Loi sur l’éducation stipule qu’il incombe au personnel enseignant la responsabilité de « faire respecter, sous la direction du directeur de l’école, le bon ordre et la discipline dans sa classe et, s’il est de service, à l’école et sur le terrain de l’école ».

Malheureusement, on constate de plus en plus une banalisation de la violence à l’école. Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par une perte de respect de la société envers les institutions (comme les écoles) et, par conséquent, par une perte de respect envers le personnel enseignant.

La violence en milieu scolaire étant un problème systémique aux causes systémiques, elle nécessite des solutions systémiques. Les écoles ne sont pas à l’abri des pressions sociétales. Elles constituent un microcosme de la société dans son ensemble et, à ce titre, tous les enjeux et toutes les tensions qui façonnent et influencent les cultures et les sociétés de l’Ontario façonnent et influencent également nos cultures et nos climats scolaires. Compte tenu des graves problèmes auxquels les gens sont confrontés, comme la discrimination, la violence familiale, l’insécurité économique, la guerre, la pauvreté, l’itinérance et bien d’autres encore, la violence à l’école peut être un symptôme des inégalités sociétales et systémiques qui touchent les jeunes et leurs familles.

« Quand les enfants sont bouleversés, lorsque je leur décris ce que j’observe et que je valide leurs sentiments, elles et ils se calment. Elles et ils ont besoin de savoir que nous comprenons ce qu’elles et ils vivent et qu’on leur donne l’occasion de s’exprimer. »

Les membres du personnel enseignant ne sont ni des travailleuses ou des travailleurs sociaux ni des psychologues. Par conséquent, on ne peut pas s’attendre à ce qu’elles ou ils fassent le travail de professionnelles et professionnels qui ont reçu une formation approfondie sur la santé mentale et les traumatismes des élèves. On ne peut pas non plus s’attendre à ce qu’elles et ils soient en mesure de remédier aux maux de la société ou de résoudre les tensions et les conflits qui émanent de la société dans son ensemble. En outre, en tant que membres de cette même société, elles et ils peuvent être confrontés aux mêmes types de détresse.

Le personnel enseignant est confronté à un dilemme entre son droit à un lieu de travail sécuritaire, les droits des élèves qui subissent de la violence ou qui en sont témoins, et les circonstances qui touchent les élèves qui sont responsables de la violence. Cette tension est forte, car ces droits peuvent être perçus comme s’opposant les uns aux autres.

La FEO reconnaît l’existence de cette tension et estime qu’il est impératif de soutenir les membres du personnel enseignant qui sont confrontés à ces réalités sans qu’il y ait faute de leur part, en leur fournissant des outils concrets pour traiter de la violence, avant même qu’elle n’éclate, et pour désescalader les situations violentes chaque fois que cela est possible.

La lutte contre la violence en milieu scolaire nécessite une approche à plusieurs niveaux, engageant l’ensemble des parties prenantes. Bien que nous comprenions la nécessité d’adopter une approche globale à l’échelle de l’école et de la communauté, la mise en œuvre d’une telle approche dépasse largement le cadre du présent guide. Nous nous concentrons plutôt sur des stratégies immédiates, permettant aux membres du personnel enseignant et de soutien de réagir efficacement aux actes d’agression et de prévenir la violence à l’école, tout en veillant à leur propre bien-être, à leur sécurité et à leur dignité, ainsi qu’à ceux de leurs élèves.

« Les membres du personnel enseignant ne sont ni des travailleuses ou des travailleurs sociaux ni des psychologues. Par conséquent, on ne peut pas s’attendre à ce qu’elles ou ils fassent le travail de professionnelles et professionnels qui ont reçu une formation approfondie sur la santé mentale et les traumatismes des élèves. »
Si vous ou une ou un collègue êtes la cible de violence au travail ou si vous en êtes témoin, vous devriez entrer immédiatement en communication avec votre syndicat pour obtenir du soutien et des conseils sur votre droit de refuser de travailler dans un environnement qui n’est pas sécuritaire. Vous pouvez trouver de l’information sur la démarche à suivre dans les ressources des filiales de la FEO (AEFO, ETFO, OECTA et FEESO) dans la section Si vous avez été la cible de violence à l’école.