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La violence comme symptôme

Il existe de nombreux rapports et enquêtes pour décrire l’augmentation récente des incidents de violence à l’école au Canada. La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE) a compilé un résumé de ces conclusions ainsi que des liens vers des études pertinentes dans le cadre de son initiative Mettons fin à la violence à l’école.

Malheureusement, le fait d’être témoin ou victime de violence à l’école est devenu une réalité banalisée pour un nombre bien trop élevé d’enseignantes et d’enseignants. À la fin du présent guide, nous proposons une brève liste de ressources supplémentaires à l’intention des personnes qui recherchent du soutien ou qui souhaitent approfondir le sujet.

Bien qu’il soit impossible d’énumérer toutes les causes de l’augmentation de la violence dans les écoles, nous savons que les réalités suivantes ont eu des répercussions :

Comprendre la profondeur et l’étendue de ces facteurs nous permet de mieux saisir ce qui se passe dans les écoles.

La violence est souvent l’expression d’un déséquilibre du pouvoir

À l’école, comme dans la société, il existe des déséquilibres du pouvoir systémique et structurel et des abus du pouvoir interpersonnels, ou une combinaison des deux. Les jeunes sont particulièrement vulnérables aux agressions et à la violence parce qu’elles et ils manquent d’information, de ressources et d’expérience, peuvent se sentir isolés et sont dépendants des adultes. Non seulement les jeunes subissent la violence aux mains des adultes, mais elles et ils imitent également la violence des adultes dans leurs interactions avec leurs pairs afin d’acquérir un sentiment de pouvoir.

« Avec certains enfants, on peut leur parler tout de suite de ce qui s’est passé, raisonner ou réparer, mais avec d’autres élèves, il faut leur laisser du temps et y revenir plus tard dans la journée ou le lendemain – il faut bien connaître ses élèves. »

Que les jeunes soient témoins de la violence perpétrée par des adultes à la maison, à l’école, dans les organismes communautaires, dans le sport, en ligne, dans le monde en général ou dans d’autres espaces communs, il arrive trop souvent qu’elles et ils constatent que le pouvoir peut être utilisé pour maltraiter les autres, au lieu de voir des exemples où le pouvoir individuel et collectif est mis au service du bien. Cependant, comme nous le savons, l’abus du pouvoir n’est jamais acceptable, que l’autrice ou l’auteur soit une ou un enfant, une ou un adulte, ou que la personne bénéficie d’une autre forme d’avantages sociaux.

Les écoles sont des lieux où existe un déséquilibre du pouvoir naturel parce que les membres du personnel enseignant, du milieu éducatif et de direction jouent de facto le rôle de figures d’autorité.

Même si nous pouvons comprendre les pressions qui poussent les enfants et les jeunes à se rebeller contre l’autorité, cela ne signifie pas pour autant que nous devions accepter des comportements préjudiciables au bien-être des personnes qui composent la communauté scolaire. La banalisation de la violence au sein de nos établissements scolaires porte gravement atteinte à la préservation de l’humanité et de la dignité de chaque personne, ainsi qu’aux normes sociales qui permettent aux élèves de grandir en se sentant autonomes et en sécurité.

« Essayez de comprendre le comportement des élèves. Le comportement est un moyen de communication; il se passe quelque chose et nous devons creuser, poser des questions et faire les efforts nécessaires. »

Pourquoi est-il important de comprendre le déséquilibre du pouvoir? L’agressivité et la violence (entre élèves ou entre élèves et membres du personnel) ne doivent pas être banalisées ni laissées sans réponse. La prise de conscience du déséquilibre du pouvoir peut nous aider à replacer les comportements et les actions dans leur contexte et nous permettre, en tant qu’enseignantes et enseignants, de réfléchir aux stratégies que nous pourrions mettre en œuvre pour répondre aux élèves qui manifestent des comportements agressifs ou agissent avec violence.